MUNICIPALES CÔTE-D'OR : LA DROITE PILONNE LA GAUCHE
Il a fallu la fête de la Rose à Frangy-en-Bresse pour que se mette en place la fête des Bourguignons à Vitteaux. François Sauvadet, désormais seul grand leader de la droite républicaine en Bourgogne, a réussi son coup et lancé la campagne des municipales tout en parlant des territoires, de leur sauvegarde, et tout en laissant François Baroin – bourguignon par une branche de sa famille qui a toujours pignon sur campagne à Ourroux-en-Morvan – raccrocher la branche gaulliste de l’UMP au déterminant mais petit arbuste centriste.
Ainsi se sent-on en ordre de marche. La campagne des municipales commence cette fois pour de bon. Les maires des villes d’à peine plus de 1 000 habitants scrutent la nouvelle loi électorale avec des yeux effarés : comment s’y prendre avec des listes bloquées en n’oubliant pas de respecter la parité hommes-femmes ? À Vitteaux, il fallait voir tous ces homes et femmes de droite cherchant auprès des “grands” un encouragement à leur conquête des villes de gauche : on pense à Laurence Porte à Montbard, à Jean-Philippe Morel à Longvic, à Pierre Jacob à Chenôve, à Catherine Sadon à Semur même si cette ville est encore à droite, comprenne qui pourra.
On pense aussi au fabuleux trio qui, à Dijon, veut à tout prix déboulonner le seigneur dijonnais François Rebsamen. Oui, trio, d’abord parce que les Umpistes Emmanuel Bichot et Alain Houpert ne sont toujours pas départagés par les instances nationales et continuent de se concurrencer à coups de communiqués, ensuite parce que le troisième larron (FN) a fait irruption dans le débat au début de l’été et qu’il a la dent dure. Les deux premiers attaquent sur la désolation du foyer Sadi-Carnot ou le coût des impôts locaux, le troisième (Edouard Cavin) dénonce une insécurité galopante.
Pour François Rebsamen, qui a bien connu le père d’Edouard, Charles, au conseil régional, le risque est-il si grand ? L’arrivée du FN est nouvelle à Dijon et peut le servir dès le premier tour si … lui-même a fait l’unité (avec les Verts et le Modem) dès le premier tour. Dans le cas contraire, bonjour la triangulaire.
Michel HUVET


À Montbard, c’est presque comme à Paris, une histoire de femmes. Pour déloger Christelle Silvestre, maire
PS, elles sont déjà deux à s’entredéchirer. Mais on sait que si Fabienne Lepy, qui est maire d’Eringes, a de l’étoffe, sa rivale Laurence Porte a pour elle le soutien de l’UDI François Sauvadet, ce qui n’est pas rien, et l’avantage d’avoir failli faire trébucher Robert Grimpret lors des élections cantonales. On sait bien que Montbard est, par tradition, une ville de gauche, très longtemps communiste, mais les temps ont changé et Michel Protte a prouvé en son temps que c’était gagnable par la droite.
À Chenôve, tout va bien ? Pas si sûr. La ville, très à gauche comme toute la circonscription, a
néanmoins une opposition de plus en plus solide, Pierre Jacob (UMP) s’y entendant comme personne pour déstabiliser une majorité socialiste… qui se lézarde doucement au fil des projets du maire, Jean Esmonin (centre culturel, nouveau centre-ville, etc). On murmure à Chenôve que le maire et son premier adjoint, le conseiller général Roland Ponsaa, ne s’adressent plus la parole et que le second mijoterait une liste contre lui aux municipales. Chenôve retrouverait alors le clivage républicains-socialistes qui avait marqué la ville après le décès de Roland Carraz.
À Chevigny-Saint-Sauveur, la mort de Lucien Brenot a lézardé là aussi une majorité confortable. L’excellent et très convivial Michel Rotger – qui fut jadis conseiller du sénateur Michel Sordel à Châtillon-sur-Seine – a été élu au fauteuil de premier magistrat par défaut autant que par sympathie. Lui seul pouvait réunir les voix de ceux qui se regardent en chien de faïence ou qui ont fait leur temps et ne veulent pas qu’on le leur dise. Les batailles législatives perdues d’Anne-Marie Beaudouvi (2007, plus de 43 %) puis de Pascale Caravel (près de 47%), toutes deux adjointes à l’époque, ont laissé des traces. Et Louis Legrand, premier opposant, a bien lu : tant à la présidentielle qu’aux légilatives, c’est bien la gauche qui l’a emporté à Chevigny, c’est dire combien le malaise est grand à droite.












